Les origines du

Grand Orient de France


 
 
La Franc-maçonnerie est née en Angleterre au milieu du XVIIème siècle, de l'évolution d'une vieille confrérie de métier, la maçonnerie dite opérative, celle des bâtisseurs du moyen-âge. Cette société était financièrement exsangue (on ne construisait plus de cathédrales) et pour survivre, elle accueillait des mécènes qui recevaient le titre très honorifique de maçon libre et accepté (free and accepted mason).
 
De plus en plus d'intellectuels fréquentent ainsi les loges maçonniques et celles-ci se transforment peu à peu en lieux de rencontre et de réflexion.

L'époque s'y prête très bien. On aspire à une société plus pacifique, tant sur le plan politique que religieux, les conflits entre familles royales (Tudor, Stuart, Hanovre, …) et les guerres de religion ayant lassé. Ainsi apparaissent des idées de fraternité, de tolérance, d'humanisme dans le contexte favorable de l'aube du siècle des lumières, riche en progrès intellectuels, scientifiques et philosophiques.
 
la Franc-maçonnerie se structure vraiment au début du XVIIIème siècle, par la création en 1717 d'une première obédience, où quatre loges londoniennes se fédèrent pour former une Grande Loge de Londres, et par la publication en 1723 du texte fondateur de l'institution : les Constitutions d'Anderson.
 
En France, le berceau de la Franc-maçonnerie fut indubitablement Saint-Germain-en-Laye avec l'arrivée du roi Jacques II Stuart (lui-même Franc-maçon "accepté"), et de sa cour, chassés d'Angleterre en 1689. Quelques loges anglaises et irlandaises (notamment celle du régiment de Dorrington, connue sous le nom de La Parfaite Egalité) travaillèrent donc à Saint-Germain avant même la création de la Grande Loge de Londres et des français y furent initiés.  
 
Il faut pourtant attendre 1725 pour que des loges purement françaises se créent à Paris et en province et une première fédération, la Grande Loge de France prit forme en 1728 pour s'émanciper de la tutelle anglaise.

Elle vécut un demi-siècle, puis son modèle, d'inspiration très "ancien régime" commença à être contesté et la mort en 1771 du Grand Maître, Louis de Bourbon-condé, Comte de Clermont, fut l'occasion d'un remaniement profond de sa constitution et de son fonctionnement.

La démocratie faisait son apparition dans l'administration de l'Ordre (par exemple les responsables n'étaient plus nommés à vie, voire auto-proclamés mais élus par les frères chaque année) et pour bien marquer la transformation, le nom même de l'institution fut changé et la Grande Loge de France devint le Grand Orient de France.

 

Le Grand Orient de France aujourd'hui

 
 
Le Grand Orient de France est l'Obédience maçonnique française la plus ancienne et la plus importante en nombre.

55 000 Frères et Sœurs travaillent dans près de 1 300 loges qui sont des lieux d'échanges et de réflexion sur les enjeux de notre temps.
 
Ses membres sont de sensibilités philosophiques, politiques, spirituelles diverses. Il est un lieu privilégié de rencontres entre personnes d'origine et de conditions variées, ce qui fait toute sa richesse, son but étant de faire travailler ensemble hommes et femmes de bonne volonté qui souhaitent être plus éclairés sur les défis du monde. Mais dans une époque en perte de repères, le discernement doit s'appuyer sur un solide équilibre intérieur, c'est pourquoi la dimension initiatique et spirituelle de la Franc-maçonnerie est indissociable de ses engagements dans la société.
 
Contrairement à des idées faussement mais largement répandues (en particulier sur des médias libres et sans modération tels que les réseaux sociaux, par les fanatiques de la théorie du complot), la Franc-maçonnerie n'est :  

 

  • ni une société secrète ou occulte : toutes les loges sont des associations déclarées, loi de 1901,  
  • ni une secte : on peut la quitter par un simple courrier de démission, ce qui est tout l'inverse d'un mouvement sectaire où l'on entre aisément et dans lequel on abandonne sa liberté et ses biens.
  • ni une religion dans la mesure où elle ne porte aucune promesse pour l'au-delà.

 
Par contre, elle invite l'Homme à s'interroger, à trouver en lui-même sa propre vérité et à s'impliquer dans la construction d'une humanité meilleure et plus éclairée.
 
La meilleure définition que l'on puisse donner aujourd'hui de la Franc-maçonnerie française est toute entière contenue dans l'article premier de la constitution du Grand Orient de France :

 
 
" Institution essentiellement philantropique, philosophique et progressive, la Franc-maçonnerie a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale, et la pratique de la solidarité.


Elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité.

 

Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.
Considérant les conceptions métaphysiques comme du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique.
Elle attache une importance fondamentale à la laïcité.

 

La Franc-maçonnerie a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. "

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Pourquoi plusieurs obédiences, en France aujourd'hui

 
 
Au démarrage de la Franc-maçonnerie, l'idée naturellement admise était qu'il y ait une seule obédience par pays, correspondante locale de la Grande Loge d'Angleterre, maison mère de la grande famille.
 
Mais la Franc-maçonnerie est une institution qui se veut à la fois progressive et forte d'une tradition, et l'évolution des idées au fil du temps fit que certaines divergences sont naturellement apparues.

 

En France par exemple, en 1877 (cent cinquante ans après la création de l'Ordre quand même), la proposition fut portée au sein du Grand Orient, qui était encore la seule obédience de l'époque, que l'on pourrait accueillir de nouveaux membres qui feraient sans doute de bons maçons même si ceux-ci déclaraient publiquement être athées ou agnostiques. C'était en contradiction totale avec le principe de croyance obligatoire en Dieu, imposé par les Constitutions d'Anderson.

Après une série de débats à la fois longs et animés, la proposition fut votée et acceptée. Le Grand Orient créait ainsi le principe d'une maçonnerie adogmatique qui accueille croyants et non-croyants et laisse donc à ses membres une absolue liberté de conscience et de recherche.

Mais de nombreux frères n'ont pu, au fond d'eux-mêmes, admettre cet abandon des références à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme et ont quitté l'Ordre. D'abord orphelins, ils finirent par recréer de nouvelles loges fondées sur le respect des règles d'Anderson et ces loges se sont naturellement organisées en une seconde obédience qui reprit le nom de Grande Loge de France (le nom était libre depuis la transformation de la Grande Loge en Grand Orient de France, un siècle auparavant).
 
Deux autres exemples sont donnés par l'entrée des femmes en Franc-maçonnerie.

  • Une obédience mixte est tout d'abord créée à la fin du XIXème siècle, époque où le Grand Orient, fidèle encore sur ce point aux préceptes d'Anderson n'acceptait pas encore les femmes parmi ses membres. Cette obédience s'appelle le Droit humain, elle existe depuis lors.
  • Puis une obédience exclusivement féminine est créée juste après la seconde guerre mondiale, la Grande Loge Féminine de France.

 
Ces principales obédiences, bien que différant sur des détails, procèdent toutes de la même démarche maçonnique, philosophique et humaniste et leur projet est commun : l'amélioration de l'Homme et de la société. Elles entretiennent entre elles des liens d'amitié et leurs membres peuvent régulièrement aller participer aux travaux de l'une au l'autre. (sauf en ce qui concerne la Grande Loge de France, exclusivement masculine et qui ne reçoit pas les Sœurs lors de ses travaux).